En exclu! Un extrait de L’Ombre des sentiments en lecture libre!

Bonjour à tous!

Découvrez sans plus attendre un extrait de mon roman, L’Ombre des sentiments, gratuitement!

Le passage se situe au milieu de l’histoire à peu près, donc bien plus loin que l’extrait disponible sur MonBestSeller.com !

Bonne lecture!

 

 

 

L’ombre des sentiments

 

– Cesse un peu de te plaindre, rien ne t’empêche de refaire ta vie! Je m’en fiche du reste, fais ce que tu veux, si tu veux pourrir seul dans ton coin, ça te regarde, mais Ally et Stan n’ont pas à subir! Je refuse qu’ils viennent ici tant que c’est insalubre, tu entends?

– Fous moi la paix, j’en ai rien à foutre, t’entends? Casse-toi!

– Bien, j’me casse, mais les gosses ne reviendront pas! Je t’avais prévenu déjà la dernière fois, tu n’a rien foutu, c’est bien fait pour toi mon pauvre.

– Fous le camp de chez moi!! Allez, va-t’en! Dégage putain, trainée! T’as volé ma vie pouffiasse, t’entends, tu m’as ruiné, démoli alors casse-toi vite! Remet pas tes foutus pieds ici sinon je réponds de rien! Dégage!!

Sabine tourna les talons sans attendre et rejoignit ses enfants dans la voiture. En démarrant, elle jeta un dernier coup d’œil sur la maison et sur Tom, qui brandissait le poing et continuait à vociférer, devenant rouge de colère, bavant presque comme un chien enragé. Il avait pété un plomb cette fois et il lui avait fait peur. La suite allait être compliquée.

Tom claqua la porte aussi fort qu’il le pu, puis se dirigea d’un pas d’éléphant vers le salon, toujours aussi remonté. Il resta 2 ou 3 secondes les mains sur les hanches puis donna un coup de pied dans la table basse, renversa tout ce qu’il y avait dessus, balança les coussins du canapé à travers la pièce, brisa la lampe de chevet et arracha les tableaux. Sa colère se transforma rapidement en violence, débordante, trop longtemps refoulée, impressionnante pour un homme tel que lui! La violence, il y avait déjà songé mais il s’était battu contre cet instinct puéril, qui ne mène souvent nulle part. Aujourd’hui, c’est différent. Il est violent, et il aime ça. Casser, briser, lancer, arracher, craquer, jeter, retourner, démolir, détruire. Parfois ça fait du bien, et Tom devenait euphorique à mesure qu’il détruisait son salon. Il rugissait tout en envoyant balader le programme télé avec la télécommande, une bête prenait le contrôle de son corps. Une bête restée enfermée dans une cage bien trop petite toutes ces années. Alors, t’aime ça hein? Je te l’avais dit, non? Lâche toi mon pote, oui c’est ça, c’est c’qui faut! Encore! Tom obéit, tel un robot. Au bout de 20 minutes, le salon était en lambeaux, la jolie décoration de Sabine n’existait plus. Pour peu, on se serait cru dans le château de la belle et la bête. La bête, justement, elle ne comptait pas repartir dans l’ombre si vite, non, pas maintenant qu’elle était parvenue à sortir. Salut mec! C’est moi, tu me reconnais? On a été séparés trop longtemps, j’suis là maintenant, j’vais m’occuper de tout! Laisse faire…

Sabine ne dit pas un mot dans la voiture. Les paroles de Tom avaient été si dures envers elle, il n’avait jamais fait ça. Elle resta choquée toute la soirée, narrant son aventure à un Davy perplexe et interdit. Le verre de vin qui lui avait été servi fut engloutit en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Aurait-elle été trop dure avec Tom? Sa réaction était-elle seulement celle d’un animal blessé? Si elle savait… Davy lui massa les épaules puis la nuque en lui disant de ne pas s’inquiéter, les choses allaient s’arranger d’elles même. Sabine n’en était pas si sûre, l’espèce de flamme qu’elle avait entrevu dans les yeux de son ex-mari lui faisait froid dans le dos, et dire qu’elle n’avait jamais soupçonné cette fureur chez lui!

Je suis content d’être avec toi Tommy! Aujourd’hui, c’est le premier jour du reste de ta vie, comme dirait l’autre! Je vais bien m’occuper de toi, et de ta p’tite famille, tu verras! Je veux les revoir, fais ce qu’il faut pour qu’ils soient de nouveau avec moi. Oui, c’est prévu. Merci. Pas de ça entre nous Tom, je te guiderais, je t’apprendrais, et tout sera comme avant. J’écoute. J’ai besoin de toi, je n’en peux plus. Bien… parfait! Tu vas voir! On va pas s’laisser faire par une petite bonne femme, si? Moi je dis non, ça suffit de se faire balader! La colère est nécessaire mon vieux, laisse toi submerger par elle, tu la sens? Chaude, flamboyante, écrasante, elle sera ta meilleure amie. Ecoute les cris dans ta tête, tu sais ce que c’est? Ces cris stridents, révoltants, c’est la peine, la tristesse, ton désespoir! Fais-moi sortir tout ça! Tom obéit à nouveau, il descendit à la cave, et hurla aussi fort que possible. Il hurla jusqu’à s’en faire mal, jusqu’à en pleurer. Les larmes coulaient sur ses joues, de petites tâches d’eau salée maculaient le sol autour de ses pieds. Il cogna contre les étagères et donna des coups de poing dans les murs, des coups de pieds dans les cartons. Une seconde, il reprit son souffle et inspira tout l’air possible par le nez, puis il se remit à crier et à pleurer. La cave était plutôt bien isolée, de l’extérieur, on ne l’entendait pas. Continue, tu n’es même pas fatigué là! Balance tout! Tom hurla pendant de longues minutes, à tel point que pour finir, il gémissait, allongé sur le sol poussiéreux de la cave, se prenant la tête dans les mains, se tortillant comme si on l’avait battu. Il adopta la position fœtale en enlaçant ses genoux, puis ne fut plus capable de crier, tout juste sanglotait-il.

Une semaine après l’apparition de la bête, Toute la maison fut détruite de l’intérieur, le vestibule, la cuisine, les chambres, le bureau, la salle de bains, tout. On se serait cru dans un manoir hanté. Tous les volets étaient clos, les carreaux aux fenêtres brisés, la porte d’entrée fermée à clé. Il ne répondait plus au téléphone, qu’il débrancha d’ailleurs, et se faisait livrer ses courses tard le soir. Il avait exigé que le livreur dépose le colis devant la porte, il y avait l’argent prévu sous le paillasson. Il avait aussi demandé à travailler de chez lui, prétextant une vilaine fracture à la jambe; il faudrait plusieurs mois pour qu’il puisse conduire. Son patron, un jeune premier de 25 ans, n’y voyait pas d’inconvénient, tant que Thomas lui envoyait ses articles par mail dans les délais. Voilà, Tom pouvait vivre sans sortir de chez lui à présent. Il resterait enfermé le temps qu’il faut pour… pour? Il ne savait pas encore, mais des choses allaient se passer, sans aucun doute. La bête fredonnait des chansons dans sa tête, elle lui causait souvent, et il lui répondait. Au fil des semaines, Tom ne ressemblait plus au jeune Thomas Grwed qui avait acheté cette maison avec sa femme. Il n’était plus qu’un corps, animé par autre chose… son âme avait laissé place à l’animal féroce qui guettait depuis des années. Elle avait attendu son heure, patiemment, tapie dans l’ombre, sachant qu’un jour elle sortirait. Son emprise sur Tom serait totale d’ici peu, c’était le plan. Ses pattes avaient foncé en lui, ses griffes avaient déchiré l’amour, lacéré son cœur,

 

Extrait de « L’ombre des sentiments »

Equivalent de 10 pages version poche. ©2017 A.Leydier


 

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